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CHRONOTOPE

CHRONOTOPE
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CHRONOTOPE
CHRONOTOPE
BRONZE FEUILLE D'OR H 89 X L 56 X l 44 
CONTACT: Galerie UNIVERS DU BRONZE

L'ÉTERNITÉ, C'EST LONG, MAIS C'EST UN JOUR À LA FOIS

Le terme chronotope (du grec chronos, le temps, et topos, le lieu) est un concept littéraire et philosophique initialement forgé par le théoricien russe Mikhaïl Bakhtine qui désigne l'union indissociable du temps et de l'espace dans un récit ou une expérience humaine.

 

Dans cette sculpture, le concept de « chronotope », loin d'être une simple illustration théorique, s'impose comme un véritable écosystème sculpté où le temps se spatialise pour donner corps à sa manifestation dans le vivant, pour matérialiser la durée elle-même.

 

L'œuvre s'organise comme un récit ascensionnel qu'on peut lire de bas en haut, et c'est là qu'elle révèle sa logique :

À la base — la mort et la mémoire. Le crâne de gorille, écrin sombre encadré des feuilles de ginkgo dorées à la feuille d'or, ancre l'œuvre dans la finitude. Le choix du gorille — primate, presque un miroir de l'humain — n'est pas neutre : c'est une vanité, un memento mori. Le ginkgo, arbre survivant par excellence (espèce dite « fossile vivante », rescapée d'Hiroshima), répond à la mort par l'idée de persistance. L'or, matière incorruptible, scelle ce dialogue entre disparition et permanence.

Au centre — la métamorphose et le grouillement du vivant. C'est le cœur biologique de l'œuvre : champignons, chenilles, chrysalides, escargots, tournesols, la fourmilière. Tout ici relève des cycles et des rythmes différenciés du temps vivant. La chenille devient chrysalide devient papillon : le temps de la transformation. Le champignon (agent de décomposition) et sa pousse fulgurante. La fourmilière fonctionnant en système et son temps collectif. La proverbiale lenteur de la tortue et ses 220 millions d'années, témoin et marqueur des temps géologiques — autant d'horloges biologiques superposées. C'est précisément le chronotope : des temporalités multiples coexistant dans un même lieu.

Au sommet — Le Vortex Temporel. Le grand disque noir au centre agit comme un point focal hypnotique. Du chaos organique du milieu émerge un ordre géométrique. Il évoque à la fois un trou noir, une éclipse solaire, ou un cadran astronomique. Les escargots (symboles de lenteur extrême) suggèrent une réflexion sur le temps : un étirement du temps terrestre face à l'immensité d'un temps cosmique ou spirituel qui absorbe tout. Au sommet, le papillon, symbole universel de la métamorphose, de la renaissance et de la libération. Psyché, en grec, signifie à la fois papillon et âme.

 

L'œuvre entière est une carte du vivant où chaque élément incarne une strate temporelle différente, superposée les unes aux autres comme des couches géologiques rendues soudainement visibles.

 

La démarche d'Umberto opère une rupture avec l'anthropocentrisme exclusif et orgueilleux. Dans cette œuvre, l'être humain n'est qu'un épiphénomène parmi d'autres ; il est réduit à sa plus simple expression métaphorique — une maison frêle, la trace fantomatique d'une main — et se trouve impitoyablement confronté à l'immensité écrasante du temps géologique et évolutif ainsi qu'à la force implacable des cycles naturels et de la mort. L'omniprésence des réseaux (mycélium, fourmilière) et la béance centrale du vortex achèvent de décentrer le regard de l'observateur humain, lui rappelant avec insistance que les forces les plus structurantes, les plus résilientes et les plus anciennes de notre monde opèrent souvent hors de son champ de perception immédiat, dans les profondeurs infinies de la « mécanique » du vivant.

 

Chronotope est, en définitive, une vanité élargie à toute la biosphère. Non plus seulement memento mori — souviens-toi que tu mourras —, mais memento vitae universalis — souviens-toi que la vie, dans toutes ses formes et dans toutes ses durées, est une seule et même aventure. Umberto compose une nature morte qui refuse d'être morte : tout y grouille, pousse, se transforme. Il ne célèbre pas la mort : il célèbre la transformation et livre une méditation sur les rythmes incessants de la création et de l'entropie. Cette œuvre ne dit pas la fin, elle dit la continuité.

 

UMBERTO   ​Wildlife Artist   Bronze sculptures, mixed material.

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